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Message  Alexis le Mar 22 Juin - 15:50


PIN UP WENT DOWN est le nom d’un projet studio initié par Alexis. A la base, il devait ‘‘agir’’ en solo mais à la faveur d’affinités artistiques communes, Asphodel l’a rejoint dès le premier album, « 2 Unlimited ».
Nicolas le frère ainé d’Alexis, en dilettante sur le premier album, les a rejoints dès les débuts de la création du deuxième album, baptisé à cet égard symboliquement « 342 » ou «Three For Two ».
Sachant qu’Alexis habite Rouen, Asphodel, Lyon, et Nicolas, Valence, on s’imagine assez bien que la concrétisation d’une idée commune est un peu une gageure, mais ca fonctionne !
Tout en m’excusant par avance pour certaines questions dont je connais déjà la réponse, ou mille fois posées et éclaircies, faisons le point avec vous, pour tous ceux qui vous découvrent qu’aujourd’hui.



Alexis

Salut Alexis !
Histoire de voir si j’ai bien cerné ton parcours jusqu’à aujourd’hui. Tu es professeur de batterie, tu as été batteur dans WORMFOOD de 2001 à 2006, et intégré le Line Up Live de CARNIVAL IN COAL jusqu’en 2007. C’est bien cela ?


En autre. Je participe à la vie artistique de ma région dans d’autres projets Jazz, jazz-fusion, chanson et progressif en tant que musicien.

Est-ce à partir du split de CARNIVAL IN COAL que tu as décidé de monter PIN UP WENT DOWN ton propre projet, ou celui-ci était en amont déjà engagé dans son processus de création ?

J’avais comme une pousse dans le crâne qui grandissait chaque jour depuis 2005. J’étais en réalité terrifié de m’exposer. Mais la composition serait comparable à un sport extrême : quand on y a goûté, il est difficile de renoncer.

L’existence de PIN UP WENT DOWN ne serait-elle pas la conséquence de certaines possibles frustrations artistiques antérieures, à jouer dans des groupes encore trop fermés musicalement, dans lesquels tu n’avais peut être pas toujours ton mot à dire ? Ou est ce que tu vis toi aussi ce projet comme un besoin vital de faire de l’auto-psychanalyse ?

Je ne crois pas avoir joué dans des groupes fermés, et je crois avoir eu une certaine influence dans chacun de ces projets passés. Mais il arrive un moment où sa personnalité s’affirme et où il est salvateur de diriger et proposer sa musique. Je ne vis pas notre musique comme un besoin d’analyse mais comme le moyen de cristalliser le vide existentiel qui nous possède. Cela donne un sens à sa vie de faire et de se regarder faire.

Financièrement et techniquement, comment ces deux premiers albums ont-ils pu êtres réalisés ? Deniers propres, subventions, endorsement Marketing ou hold up à la banque du coin, mixage, masterisation, qui s’occupe du ‘’pressage’’, etc..?

J’ai réalisé nos disques dans mon home-studio, de la prise de son au mastering. Le label prend en charge le pressage, la promotion et la distribution internationale.

Votre label, Ascendance Records est une petite structure mais à l’air de se bouger pour vous, comment se sont tissé les liens entre eux et vous ?

Ce label grossit, avec dans ses rangs Ramzet, Diablo swing orchestra, Unexpect, Stolen babies, etc…tous les labels indépendants sont de toute façon des petites structures. Nous avons pris l’initiative de leur faire écouter le premier album une fois finalisé. Ils ont adoré, ils ont signé.

Encore une fois vous nous proposez un produit hors des modes, et bousculant les règles du Rock. Peut-on dire de toi que tu es génétiquement programmé pour faire de la musiques un peu torturées, ou bien ton vécu dans WORMFOOD et CARNIVAL IN COAL , a jouer un rôle déclencheur ou aggravant ?

La mode est un concept vraiment puant qui implique une date de péremption et le désir ouvertement assumé de plaire à une frange de population choisie. C’est un autre travail. Je ne crois pas de toute façon qu’un groupe de Rock-Metal alternatif puisse être à la mode. Ces deux groupes auxquels j’ai participé proposent en effet une musique au caractère clinique. Il me semble que PUWD n’est pas un groupe barré, il y a un malentendu. Nous proposons une musique hybride, certes, mais qui me semble plus accessible et plus mélodique. Je ne vis pas notre musique comme la mise en scène d’une torture renfermée sur elle-même, mais au contraire comme une fontaine de sentiments.

Je te sais hyper ouvert à tous les styles musicaux, en plus du Metal. Peux-tu en quelques mots et pour ceux qui ne te connaissent pas encore, évoquer les genres musicaux que tu préfères et qui apporte une plus value dans ta musique, et ceux que tu n’apprécies pas ?

J’écoute du Rock au sens large, et ses dérivés que sont le Metal, le progressif, d’Ozzy à Sleepy Time Gorilla Museum en passant par Devin Townsend à Metallica. J’écoute des artistes plus doux comme Alanis Morissette, Police, Radiohead…Un bonne partie de ma pratique vient du Jazz-Rock, Tony Williams, Chick Corea, etc…Et enfin du classique et contemporain, de Dvorjak à Steve Reich en passant par Mahler.

Tu as monté ton propre studio d’enregistrement ; est-ce uniquement pour allez au bout de ton rêve avec PUWD, ou as-tu aussi l’intention à terme de pouvoir ouvrir ton ‘‘chez toi’’ à d’autre groupes ?

J’enregistre déjà quelques artistes régulièrement, comme les groupes Stabwound et Abym de Rouen par exemple. Mais cela me procure une marge de manœuvre impossible en studio. Mon ami Stéphane d’Orenda en sait quelque chose.

La vocation première de PUWD n’était pas de monter sur scène certes ; mais aujourd’hui vivre uniquement de la vente d’albums et quasi mission impossible face au piratage. La démocratisation d’internet et du numérique en général, permet à énormément de groupes de se faire connaitre, du coup, même un projet solide se retrouve totalement dilué dans un flot d’informations. As-tu une idée précise sur la manière ‘‘idéale’’ pour faire connaitre PUWD ?

Le groupe avancera grâce à ces fans. Si vous vous sentez de vous bouger, contactez nous, un fan club est en train d’éclore autour de quelques personnes très motivées.
Le but du groupe est de proposer une discographie de qualité. Certains groupes proposent des disques comme pré-requis pour jouer sur scène. Notre but, pour le moment, est d’affirmer la place du groupe comme défricheur.

Tu es musicien mais aussi fan. De quel groupe tu aimerais potentiellement faire la première partie avec cette sensation de ne pas y croire ?

Devin Townsend, Metallica, Judas Priest…ah ah ah, mais là on est carrément dans Mars Attacks !

Par rapport au premier album, il me semble que la contribution de Nicolas se sente au niveau du travail des harmonies, et du sentiment épidermique généré par les gammes jouées au piano. Est-ce que je me trompe ?

En réalité, cela dépends des morceaux. Nicolas à composé « Home ». Nous avons écrit à deux « Pictures to Speak to », mais j’ai écrit seul « Murphy in the sky with Daemons », « Porcelain Hours » ou « Diapositive ».
Nous nous complétons à merveille, c’est un bonheur de travailler avec son frangin. Il a un jeu très romantique et évocateur, cela adoucit la bête qui sommeille en moi.

Existe-il une question que l’on ne t’a jamais posée, peut être sans rapport avec la musique, et à laquelle tu crèves d’envie de répondre ?

A vrai dire je me sens pudique quant à la représentation de ma personne. Je pense que ce qui intéresse les gens, c’est notre musique. Cela étant, on ne pose jamais des questions techniques, comme « quelle est la marque de ta batterie, de ta guitare, de tes plugins…. » Cela me manque !


Nicolas

Salut Nicolas ! Comme je te découvre réellement avec la sortie de « 342 », peux-tu nous décrire ton parcours musical, et ce qui t’a motivé à rejoindre ton petit frère sur ce projet ?

J'ai commencé à pianoter vers l'âge de cinq ans sur un piano Erard qui appartenait à ma grand-mère. Par la suite, j'ai essayé la guitare aussi. Mais c'est vers le clavier que je me tourne instinctivement dès que j'ai envie de composer. La décision de m'associer au projet PUWD s'est faite naturellement, lors des premières écoutes de « 2unlimited ». J'ai tout de suite aimé le côté pop – Metal de leur musique, ça correspondait bien à ce que je voulais faire.

Aviez-vous, toi et ton frangin fait quelques expériences musicales communes et antérieures à PUWD, avant que tu le rejoignes ?

Oui, on avait un groupe avec lequel on a enregistré une démo en studio. J'étais à la guitare, Alexis à la basse et la batterie.

Le fait de jouer avec son frère n’apporte-t-il pas une dimension particulière à la musique quand il s’agit de faire passer une émotion ?

Faire de la musique ensemble nous est naturel. Depuis que 700 kms nous séparent, c'est devenu aussi une forme de dialogue.
Quand mon frère pousse des grunts, c'est pour montrer qu'il m'aime!

Est-ce qu’il est aisé ou finalement pas facile de travailler avec des personnes comme ton frère et Asphodel ; tous deux très inspirés et très certainement aussi très exigeants avec eux même ?

Alexis est très exigeant au niveau du rythme et de la mise en place. Rien n'échappe à sa rigueur. Mais il est aussi capable de faire des trucs très barrés.
Asphodel est … inclassable ! Sa personnalité complexe et inventive donne une identité forte au groupe. J'apporte quant à moi un côté plus posé. Bien que d'horizons musicaux différents, il nous a été facile de travailler ensemble. Notre complémentarité a primé.

Même si j’ai ma petite idée sur le sujet, quel a été ton niveau d’implication sur cet album, et est ce que c’est comme pour Asphodel, le type de projet dont toi aussi rêvait pour révéler quelques aspects de ta personnalité ?

Je ne me suis pas impliqué sur les morceaux « Diapositive », « Escargot » ,« Vaginaal Nathraak » et « Murphy In The sky With Daemons», l'un de mes préférés. Pour les autres, j'ai participé à différents degrés avec quelques plans au piano/celesta/xylophone ici et là, des orchestrations, ainsi que quelques recadrages harmoniques. Mais c'est dans « Home » que je me suis le plus investi.

Une question que je n’ai pas abordée avec Alexis, qui aurait pourtant eu beaucoup à répondre.
Comme tu ne vis pas de la musique aujourd’hui (donc tu as peut être un peu plus de recul), je voudrais avoir ton point de vue sur les médias en France, leur entêtement à délibérément ignorer les cultures alternatives, leur rapports dédaigneux avec les groupes intéressants et les artistes charismatiques.


La démocratisation d'internet permet aux artistes « underground » de se faire connaître, pas mal de jeunes groupes actuels ont connu le succès par cette voie et je trouve ça très bien.
Le problème, c'est qu'il n'y a pas de place pour tout le monde. Il y a trop d'artistes à mon sens par rapport aux possibilités du marché et le talent ne suffit plus.
Quand on se revendique d'une culture alternative, on sait qu'on n'a peu de chance d'être porté au pinacle. C'est le jeu.

Alexis est très éclectique dans ses références musicales, partages-tu son goût pour les genres extrêmes ou expérimentaux ?

J'écoute plutôt de la musique classique : Bach, Debussy, Mendelssohn.
Un peu de jazz stride des années 30 (Fats Waller par exemple) et du métal de temps en temps.
Je n'ai pas d'attirance particulière pour les musiques « expérimentales », il doit y avoir de très bonnes choses, mais je reste assez académique dans mes goûts.

Est-ce que le fait de s’impliquer dans un projet aussi ouvert que PUWD, ne permet pas aussi finalement de se dire que l’on est peut être passé à côté de vrais pépites, avec l’envie derrière d’en savoir un peu plus sur certains styles méconnus de soi ?

J'écoute assez peu de musique.
Ce que je vais dire est prétentieux, mais je ne veux pas me faire influencer par ce que j'entends. J'ai le même problème quand je compose : à un moment donné, j'essaie de me détacher de ce que je sais, de la théorie, pour revenir à la source, à l'émotion primale.

Quand on s’investit intellectuellement dans une expérience aussi fouillé que PUWD, est ce qu’à un moment on ne se pose pas la question de savoir si on va tenir la distance, éviter de tourner en rond ou faire de la ressasse musicale ?

Comme dans toute création artistique, on traverse des moments de doute.
Pour le musicien, l'angoisse de la page blanche, ça existe. Une partition ne s'est jamais écrite qu'avec des silences.
Le jour où l'on tournera en rond, il faudra bien continuer à garder la tête droite !
C'est la sincérité de la démarche qui compte.

En tant que co-compositeur, est ce que tu as recours à la MAO (« musique assistée par ordinateur » permettant de plus les envoies de fichiers audio par internet) pour palier la distance qui te sépare de ton frère ?

Alors, oui, mais à dose homéopathique. C'est Alexis, le Maître en la matière !
J'aime la simplicité : je joue sur mon piano numérique- j'envoie le fichier- Alexis réceptionne.

Tu es musicien mais aussi fan. De quel groupe tu aimerais potentiellement faire la première partie avec cette sensation de ne pas y croire ?

Muse. Voilà un groupe qui sait se servir de la musique classique.

Existe-il une question que l’on ne t’a jamais posée, peut être sans rapport avec la musique, et à laquelle tu crèves d’envie de répondre ?

En lançant trois dés quelle est la probabilité d'obtenir un 3, un 4 et un 2 ?


Asphodel

Salut Asphodel et excuse mon manque de classe en n’ayant pas commencé par toi, eu égard la galanterie, mais, je te sais bavarde et je ne voulais surtout pas que tu ‘‘monopolises’’ cette entrevue !

Vous fîtes fort bien !


Autant dire que ma tentative pour résumer ton parcours artistique déjà très riche, est presque voué à l’échec, mais je vais tout de même tenter de la faire, donc :

Asphodel est un ancien pseudo inspiré par un vieux titre de CRADLE OF FILTH, que tu as adopté.

Vous suivîtes parfaitement...


Tu es coach vocale et prof de chant, tes compétences dans ce domaine ne sont plus à démontrer (ça c’est moi qui le dit, bien sûr) et t’a ouvert la porte de nombreux projets musicaux ou groupes: NOWONMAI , WORMFOOD, PENUMBRA, CARNIVAL IN COAL , AD INFERNA., ou permis de concrétiser tes propres idées HOWDY EFFECT et PIN UP WENT DOWN aujourd’hui. Tu écris beaucoup en dehors des textes de PUWD, roman, poésie, scénario ; tu as fait aussi de la photo et j’en passe certainement des meilleurs.

Nom de djâââp, tu m'as l'air bien au courant !!


Pour commencer si j’ai omis quelque chose te concernant, ou pour toi survolé honteusement, n’hésite pas à me corriger, mais confirmes-tu au moins mes allégations ?

En grande partie oui, si ce n'est qu'Howdy Effect est toujours en gestation. C'est comme les éléphants, ces conneries, ça dure une plombe. Je crois que j'ai besoin de mûrir un peu avant de m'attaquer à mon propre travail.



Tu aimes les textes débridées, barges ou impudiques, à la lisière de l’intraduisible, mais paradoxalement (vu avec mes petits yeux) tu me semble très à fleur de peau, là pour les autres et entière, donc presque (comme pour me rassurer) ‘’normale’’. Sur le ton de l’humour, chanter dans PUWD ne te serviraient-il pas justement de ‘’psychothérapie’’ ?

Je suis effectivement très à fleur de peau... Quant à être tout à fait normale, je ne pense pas. Mais on peut être barge et aimer l'être humain. Détester une nature et en être éprise à la fois n'est pas incompatible. Il est vrai que j'ai plus d'affinités avec le règne animal, qui est dénué de certaines pseudo-valeurs, et donc, de leur parfait contraire. C'est ce même parfait contraire qui me fait fuir la nature humaine. Cela sonne stéréotypé et blackmetol ce que je dis à propos des humains, mais c'est malheureusement ainsi que je vis av quotidien. Après, il est vrai que je suis fascinée par l'Autre. J'ai une éducation et un vécu qui me font aimer mon prochain. Rien de catholique là-dedans, juste un peu de bon sens. Et un putain de paradoxe. Les alternatives de ce genre sont tout à fait merdiques et n'aident en rien les rapports que tu peux avoir avec tes congénères. 
Chanter dans PUWD n'est pas si thérapeutique que ça. Déjà, parce que je ne parle pas que de moi (je n'ai jamais tué d'enfant avec un oreiller, ni eu un oeil dans une gamelle à l'opposé de mon corps éventré), et d'autre part, parce que ce que je souligne -lorsque les thèmes me concernent- ne purgent pas les conséquences. Le seul texte qui a eu un semblant d'effet thérapeutique est Aquarium. J'ai fondu en larmes en le chantant en studio. Il m'a permis de structurer en un seul texte ce que j'essayais d'expliquer depuis des années. Je crois que le fait de chanter a un effet thérapeutique tout juste ponctuel. Disons que le processus de création met mes névroses entre parenthèses le temps de l'accouchement. Cependant, une fois tout ça mis en forme, le boomerang me revient à la tronche, et je suis bien obligée de constater mon échec Very Happy .



L’écriture triturée, torturée comme dans un mauvais trip de certaines des paroles du premier album, nécessite un état d’esprit particulier sur l’instant. 2 années après, est ce qu’à leur relecture tu arrives toujours à te réapproprier le sens juste de ce que tu voulais dépeindre ?

Oh que oui. Certains textes ont eu d'ailleurs la malchance hasardeuse d'illustrer des situations qui se sont déroulées après l'album. Ecrire de tels textes me permet d'établir comme un état des lieux du moment. Ainsi, en y revenant quelques années plus tard, j'ai cette trace qui me rappelle que j'ai vécu ainsi. Il est nécessaire de ne pas oublier, ni de tourner le dos à son passé. Se mentir de la sorte n'a rien de bon. Tu finis toujours par être rattrapé par ce que tu vis lorsque tu ignores volontairement son existence.



Tu t’es un peu plus impliqué sur ce deuxième album que sur le premier (l’idée générale de « 2 Unlimited » étant déjà quasiment bordée par Alexis quand il t’a sollicité), réalisation des covers de 342, l’écriture et la réalisation des vocaux, donc on peut vraiment dire que cet album est aussi un peu plus que ton bébé, et que Alexis te fais une entière confiance, non ?

J'ai réalisé l'artwork du premier également (sauf la pochette qui est de Sect) . Je pense que je me sens plus proche de 2unlimited, bizarrement. Peut-être parce que c'était le premier. Un peu comme LE rdv que tu attends depuis des mois. Là, avec 342, je me fiance. Les premiers émois sont passés, on attaque la réalité de la vie de couple! Quant à la confiance d'Alexis... Je crois que nous avons un lien véritablement privilégié. On se comprend parfaitement, nos désaccords ne nous ont jamais mené à une dispute. Nous travaillons vraiment pour l'autre, et pour nous. Il y a quelque chose de très familial là-dedans.



A l’issue de la sortie du premier album « 2 Unlimited » le doute sur ta créativité te submergeait quelque peu. A l’écoute de ce second opus et de mon point de vue, ce sentiment n’a plus aucune pertinence aujourd’hui.

Oui, j'ai eu très peur. Mais je suis comme ça tout le temps. A partir du moment où je mets mon nez dans quelque chose d'artistique, je doute toujours de mes compétences. Là, l'album est terminé, il va sortir, je suis toujours en train de me demander si je n'ai pas fait de la merde !


Même si je te sais modeste, est ce aussi ton analyse (je sais que tu t’es déjà exprimé sur le sujet mais beaucoup de fans potentiels ne vous connaissent pas encore bien) et du coup, serais-tu autant inspirée pour un potentiel troisième album ?

Je suis très inspirée. J'ai des idées de compos, je sais qu'Alexis est en pleine ébullition lui aussi, et je peu d'ores et déjà t'annoncer qu'il sera différent de 342. Je pense à des compos plus techniques encore, je vois des formes géométriques plus complexes, des ambiances plus cinématographiques et progressives. Je pense à des choses également plus rentre-dedans, moins intimistes... J'ai des idées de voix, pas encore de textes...

Est-ce que tes thèmes de prédilection sur l’écriture sont toujours très orientés déviances comportementales et ‘‘arcanes pathologiques’’, n’y a-t-il pas d’autres sujets qui te tenteraient comme la démagogie politique ou la course au boson de Higgs par exemple ?

J'ai un problème sévère avec la politique, donc je préfère éviter au maximum le sujet. Pour le reste, je suis fascinée par ce dont on parle peu avec franchise. La politique n'a rien de tabou, elle excite les foules, fait vendre du papier, remonte le prix de ton pain et celui de tes impôts. Aujourd'hui, parler de dépression pose plus de problèmes que de parler de l'extrême droite. C'est quand même terrifiant ! On va davantage éviter de côtoyer un gars qui bouffe des anti-antidépresseurs qu'un autre qui vote Le Pen... J'ai du mal à suivre. Je crois que j'ai réellement besoin de soulever le problème de la construction de l'individu. Cela peu passer par des tas de thèmes, tu sais. Par forcément psy. Dans 342, j'aborde le sujet du bagage familial, ce que tu en fais, ce que tu en gardes, ce qui te colle à la peau. Le thème du pardon, de la sensation de trahison... Je crois que je parle banalement de la vie. Et pas que de la mienne. De celle de mon père, de NOS pères, de l'idéalisation de l'amitié, de l'ego...

Lors d’une autre interview Webzine, tu avais relaté le fait que certains journaux avaient refusé de chroniquer votre premier album. Ce sont-ils ravisé depuis ? N’as-tu pas cette impression énervante que finalement la France est toujours aussi frileuse à défendre une culture, quand celle-ci ‘sort du cadre officielle’’ ?

Frileuse est le mot juste. Ca a le don de m'énerver, mais de me faire rire aussi. Tant qu'il y a des détracteurs, il y a des débats. Tant qu'il y a des débats, il y a de la mobilisation. Sans mobilisation, nous ne sommes rien.
C’est exact !


Question strictement technique sur la voix. Il me semble (tu me reprends si ma mémoire me joue des tours) t’avoir entendu dire (je crois que c’était lors de votre passage au « H’elles On Stage » d’ailleurs) que le chant Guttural pouvait endommager les cordes vocales. J’ai été très surpris justement que tu utilises beaucoup cette technique (de manière hyper ‘‘bluffante’’ d’ailleurs) sur votre nouvel opus ; aussi qu’est ce qui t’y a poussé ?

Une répétition avec Penumbra. Maxime était absent, du coup, je l'ai remplacé, juste pour rire. Là où je me préserve, c'est que j'utilise des techniques où l'on utilise le moins d'air possible, et je travaille toujours en abdominal, jamais en thoracique. Le pig squeal est d'ailleurs une technique utilisée par les orthophonistes pour les rééducations trachéo. Bon, pas aussi poussé, il est vrai, mais les bases de la reverse est utilisée.

Sur le ton de l’humour, Alexis n’était pas assez ‘‘performer’’ sur ce registre que tu t’es (peut être) substitué à lui ?

Pas du tout. Alexis a un timbre hxc, et des growls très doomesques. J'avais envie de pousser mes limites, voilà tout. Mon timbre est très différent, plus sourds dans les basses, et plus grinçant et screamo dans les aigus. Lui a une voix de couillu !


Et comment t’y prends-tu pour éviter les conséquences et les altérations possibles de cette technique sur ta voix ?

Respi abdo, utilisation des obliques, jamais compresser les muscles du cou, en reverse, jamais appuyer sur le larynx comme une dinde.


Je connais un peu tes contributions vocales sur albums ou projets autres que PIN UP WENT DOWN, mais en ce qui concerne ton vécu ‘’Live’’, peux-tu me renseigner sur ce sujet (Nombre approximatif de concerts à ton actif, dans quelles conditions, les bons, les mauvais, anecdotes et souvenirs particuliers liés) ?

J'ai très peu de concerts à mon actif. Peut-être 15 à tout casser, trois en tant que guest... ou quatre... Mes premières armes avec Forbidden Grace, mon tout premier groupe, puis j'ai fait une mini-tournée avec Penumbra et The Old Dead Tree... Je crois que mon meilleur souvenir et lorsque j'ai chanté « It's The Same For Everyone Avec TODT ». J'adore ce groupe et cette chanson en particulier. Je n'ai pas de mauvais souvenirs. Tout est bon à prendre! Et puis, le premier live avec PUWD, mythique pour moi, même si nous avons dû arrêter avant la fin pour cause de timing (choses qui arrivent, rien de grave!). Le pit se lançait des ballons gonflables, dansait... C'était splendide !



Au concert du « H’elles On Stage » du 05/09/09 à Lyon Tu avais un trac énorme avant de monter sur scène, mais tu nous as là aussi épatés en donnant vraiment l’impression d’être à l’aise pendant votre set. Cela ne te donnerait pas envie finalement de réitérer l’exploit plus souvent devant un public, avec PUWD ?

Si, mais pas "plus souvent". Je crois que j'ai envie de ne pas banaliser cela, j'ai envie de retrouver le live pour me ressourcer autrement. Je n'ai pas envie d'enchaîner les lives pour faire du live. J'ai envie d'avoir envie. Le plus longtemps possible.


Tu es musicien mais aussi fan. De quel groupe tu aimerais potentiellement faire la première partie avec cette sensation de ne pas y croire ?

Devin Towsend. Sans aucune hésitation. Et Pain Of Salvation aussi.



Comment arrives-tu à gérer ton hyperactivité et ton goût pour à peu près tout, d’ailleurs pour faire simple, existe-t-il un sujet qui ne t’intéresse pas ?

Oui ! Je déteste le tuning. Le tuning, la politique, la mode... Je déteste beaucoup de choses. Pour le reste, je gère très mal, mais je retombe toujours sur mes pattes, donc...

- As-tu d’autres projets non musicaux en ce moment ?
Mmh... Je crois que je pourrais répondre à cette question dans un mois ou deux. Pour le moment, pas encore.


Je sais que Daniel GILDENLOW (PAIN OF SALVATION) auraient dû être invités sur « 342 », en plus de Andy SCHMIDT (chanteur de DISILLUSION) qui lui est crédité sur l’album. Est-ce vous qui les avez sollicité ou sont-ils venus spontanément à vous ?

Oulà, le jour où des artistes comme ça viennent nous voir spontanément...! Non, nous sommes trop petits et inconnus au bataillon. Il faut avoir une sacrée dose de talent et de notoriété pour avoir ce privilège. Non, je suis une petite fille qui croit au Père Noël, moi. J'envoie des mails, je reçois des réponses... Et là, problème de timing avec Daniel, mais c'était prévu, effectivement. Pour Andy... Ah, Andy, c'est un être exquis, d'une intelligence rare et d'une finesse artistique tout aussi exceptionnelle! J'adore !



Dans cette même logique, envisagez-vous d’inviter d’autres grandes figures de la musique dans le futur, si vous nous faisiez l’honneur d’un troisième album ?

J'envisage. Alexis est timide, il n'est pas cramé de la tronche comme moi. Je me fais pousser des c******s, je les pose nonchalamment sur la table, et advienne que pourra. J'ai des envies démesurées pour le troisième, mais comme je te disais, talent, notoriété, tout ça... Pas dit que je puisse voir apparaître les artistes dont je rêve.



Existe-il une question que l’on ne t’a jamais posée, peut être sans rapport avec la musique, et à laquelle tu crèves d’envie de répondre ?

Oui. "Si tu avais la possibilité de chanter sur l'album de quelqu'un de connu, ce serait qui ?". Je vais encore faire ma gamine-parnouel, mais je rêve de partager un morceau avec Serj TANKIAN (ndlr : SYSTEM OF A DOWN). C'est beau de rêver, n'est-ce pas ?

Merci beaucoup à tous les trois d’avoir concédé un peu de votre précieux temps afin d’apaiser nos innombrables interrogations.
Merci aussi pour votre confiance à toujours vous dévoiler un peu plus, et j’espère que si troisième album il y a (en prévision), celui-ci permettra encore plus, de mettre en avant toutes vos facettes créatrices.
Bonne continuation à vous trois.




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Re: progressive area

Message  vickylatruite le Mar 22 Juin - 22:51

Existe-il une question que l’on ne t’a jamais posée, peut être sans rapport avec la musique, et à laquelle tu crèves d’envie de répondre ?

A vrai dire je me sens pudique quant à la représentation de ma personne. Je pense que ce qui intéresse les gens, c’est notre musique. Cela étant, on ne pose jamais des questions techniques, comme « quelle est la marque de ta batterie, de ta guitare, de tes plugins…. » Cela me manque !

Vas-y, fais péter la marque de ta batterie ! Si c'est pas une Pearl je boude !

Existe-il une question que l’on ne t’a jamais posée, peut être sans rapport avec la musique, et à laquelle tu crèves d’envie de répondre ?

En lançant trois dés quelle est la probabilité d'obtenir un 3, un 4 et un 2 ?

Euh 1/36 nan Very Happy ?

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Re: progressive area

Message  Naity le Mer 23 Juin - 1:14

C'est 1/216 si on veut les avoir dans l'ordre (le dé à gauche fait 3, 4 au milieu, 2 à droite)

S'il s'agit uniquement d'avoir les 3 nombres dans nimportequel ordre, c'est effectivement 1/36 Smile
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