Core & co

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Message  Alexis le Mer 14 Juil - 11:15


Alléluia, Hamdullah, Youpi tralala, voici revenir Pin-Up Went Down: horns up & chapeau bas! Zébulon et Bozo le clown sont à nouveau lâchés dans le bac à sable du metal traditionnel: attendez vous à ce qu’on vous fasse l’humour par les oreilles avec un génie musical et un appétit créatif hors du commun brothers and sisters! Pour les aveugles des tympans et autres pauvres hères qui auraient loupé les épisodes précédents, sachez que c’est déjà la deuxième fois que ces petits français viennent apporter lumière, bonheur et cotillons au peuple metal, leur première venue à bord d’un véhicule musical alors immatriculé « 2 Unlimited » datant de 2008. Constitué d’Alexis Damien (Wormfood, Carnival in Coal), d'Asphodel (Penumbra/Nowonmai) et dorénavant du frangin Nicolas Damien, le groupe nous revient avec « 342 », nouvelle compilation de tout ce que vous avez toujours voulu que le metal vous fasse sans jamais oser le demander, avec du growl qui tâche, de la basse qui sboïng-sboïngue et une gorge féminine aussi généreusement schizophrène que malicieusement charmeuse …

Pour décrire l’indescriptible, il est tentant de procéder par comparaisons - aussi imparfaites soient-elles - histoire d’évoquer couleurs, saveurs et textures qui vous mettront - espérons le! - sur la piste. Imaginez donc les Stolen Babies en plus free style, un Carnival in Coal en plus rock et doté de deux chromosomes X derrière le micro, ou tiens: Akphaezya en plus débridé. Oui bon, hein, pas taper: je fais de mon mieux! La musique du groupe alterne les plans metal extrême (sans non plus en faire trop) avec de la pop 80s kitschos, du metal symphonique à chanteuse, du soft rock sombre et intimiste, des chants tribaux africains, de la sucrerie féerique pour les ch’tits nenfants, de la cartoonerie Devin Townsendienne … Les points de suspension étant au moins aussi importants que l’énumération précédente. Et cette mixture parle avant tout aux tripes, la basse apportant ressort et souplesse, tandis que la voix d’Asphodel se charge de l’aspect « Féerie, ménagerie et autres merveilleuseries à forte valeur ajoutée ». Plein les mirettes qu’on en prend, notamment grâce à la prestation de la sus-évoquée demoiselle, la miss étant époustouflante non seulement pour sa capacité à passer d’un registre à l’autre comme si de rien n’était (de la petite fille à la chanteuse lyrique, du cookie monster à la guerrière Massaï, en passant par le toon bondissant), mais aussi et surtout pour l’intensité émotionnelle que dégage son chant. Pffff, c’en est fatiguant d’avoir le palpitant ainsi sollicité toutes les 30 secondes!

Démarrant sur un « Diapositive » aux faux airs de démonstration de savoir-faire visant certainement à rassurer les fans transis de la première heure quant à la capacité du groupe à continuer d’évoluer sans rien perdre de ce qui a fait qu’on l’a aimé dès la première écoute (put*** de début de phrase … Je reprends mon souffle et continue), le groupe embraie direct sur le premier monument de cet album. Ce morceau est confondant… « Escargot », ou comment faire jaillir la perfection du néant. Mais ressaisissons-nous et expliquons: avec pour seul accompagnement la sonnerie d’un téléphone dont la ligne est occupée, Asphodel déploie un rêve de polyphonies angéliques évoquant autant Björk, Enya qu’Annie Lennox. Vous ne téléphonerez plus jamais comme avant… Suit « Porcelain Hours », dans un registre plus chaleureusement rock, où Aspho se prend soudain pour Amy Winehouse. Sans rentrer dans l’exercice du track by track, signalons que l’album continue sur 2 axes parallèles: l’un constitué de titres plus sombres, fragiles et introspectifs - moins metal, disons le - avec « Essence of I », « Home », « Pictures to Speak To » et « Aquarium » au cours desquels le groupe laisse entrevoir des fêlures profondes affleurant derrière un masque de clown triste, et l’autre plus foisonnant, plus pétillant - sans doute plus « classique » pour du Pin-Up Went Down - avec « Khabod of My Aba », « Vaginaal Nathrakh » et « Murphy in the Sky with Daemons » où le délire le dispute à la puissance, au groove et au génie. Dur d’élire le plus exceptionnel de ces morceaux, les chants sacrés de « Khabod of My Aba », le trip « adorable petite conne Cindy Laupero-Madonna-esque » de « Vaginaal Nathrakh » ou le chapelet de Katzi Katzi Kat de « Murphy … » colorant l’ensemble d’un arc-en-ciel d’idées lumineuses mariant les plus improbables des fruits de l’expression musicale en un cocktail aussi rafraîchissant qu’enivrant.

Vous aviez craqué sur « 2 Unlimited », aimerez-vous « 342 »? Genre, la question blasphématoire! Courez donc vous approvisionner au bazar du coin vil impie! Ceci étant fait, je vous avouerai que l’abord de « 342 » est un peu moins immédiat que celui de son prédécesseur, les morceaux demandant un peu plus de temps pour être domptés. A noter également que l’album prend une teinte sans doute un brin moins metal - le groupe se rapprochant plus d’un Stolen Babies que d’un Carnival Coal en bout de course -, et qu’il laisse un champ d’expression plus large à la part sombre d’un groupe à la sensibilité à fleur de peau. M’enfin n’ayez crainte, moi qui vous parle (‘fin qui vous écris plutôt), bien que largement plus client du côté Bleuargl Pouêt Pouêt que des douceurs acidulées, je n’arrive pas à départager ce « 342 » de « 2 Unlimited » au coup-de-cœuromètre.
Et au cas où le message n’aurait pas encore été suffisamment clair, « 342 » rejoint « All Stars » de Ufych et « ORWarriOR » de Orphaned Land sur mon podium des meilleurs albums de l’année
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Alexis
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